Prabhupada Nectar en Français, Audio 1-12

PRABHUPADA NECTAR (extraits traduit du livre de Satsvarupa das Goswami)

Ce qui va suivre est une traduction partielle du livre de Satsvarupa Das Goswami intitulé « Prabhupada Nectar » et qui regroupent une multitude d’anecdotes, témoignages, histoires, citations collectées et regroupées dans ce livre. Ces histoires ne suivent pas d’ordre particulier, mais sont posées comme Prabhupada les posait dans sa vie de tous les jours: un mot par ci, une histoire par là, et quelquefois il donnait tout le paquet d’un coup.

Il existe déjà des livres d’anecdotes consacrés à de grands auteurs ou personnalités comme les anecdotes de la vie de Gandhi, ou celles de la vie d’Abraham Lincoln. Ils sont mémorable car ils nous donnent un aperçu de la vie quotidienne de ces grandes personnalités, mais ce Prabhupada Nectar a une importance unique, parce que Srila Prabhupada a été mis en puissance pour répandre la plus haute science transcendantale: le pure amour de Krishna, basé sur les enseignements du Seigneur Caitanya Mahaprabhu, et il l’a répandu plus largement et efficacement qu’aucun de ses prédécesseurs. Ce qui est remarquable c’est qu’il l’a fait durant une période où règne l’incrédulité et les conflits, celle de l’âge de Kali.  Par conséquent entendre même des petits incidents de sa vie est plus bénéfique qu’entendre les exploits de héros ou personnalités mondaines.  Comme il est stipulé dans les Sastras,  (les Ecritures), s’associer même un court instant avec un pure vaishnava peut nous délivrer du cycle des morts et des renaissances.  Puisqu’une goutte de nectar de la vie de Srila Prabhupada peut nous sauver de la souffrance, nous avons essayé dans ce livre, d’offrir beaucoup de gouttes afin d’irriguer ce monde qui est comme un désert. (Extrait de la Préface par Satsvarupa das Goswami).

Histoire N°1:

Ce n’est qu’après avoir dirigé ISKCON en Amérique pendant deux ans, que Srila Prabhupada accepta que l’on s’adresse à lui avec le titre adéquate de Prabhupada au lieu de Swamiji. Dès 1960, il avait écrit dans une teneur et portée de son 1er volume du Srimad Bhagavatam, « Les purs dévots dont la seule activité est de servir sont honorés du nom de Prabhupada ou Visnupada, qui indique que de tels dévots sont des représentants des pieds pareil au lotus du Seigneur. » (Bhag 1.1.15). Bien que l’appellation Swamiji soit familière et peu respectueuse, c’était le seul nom que ses disciples connaissaient et ils y étaient très attachés. Ils s’adressaient à lui et le priaient avec ce nom, et ils commençaient leur lettre avec « cher Swamiji ». Donc ce fut un peu un choc quand ce nom a changé.

Un dévot, entendant ce nouveau nom de la bouche du secrétaire de Srila Prabhupada, ne pouvait l’accepter sans questionner personnellement Srila Prabhupada. Le lendemain matin durant la promenade matinale, il demanda: « Swamiji? »

« Oui », répondit Prabhupada, « Je comprends que vous préférez vous faire appeler Prabhupada. »

Prabhupada se tourna rapidement en disant: « Où as tu entendu cela? Qui t’a dis ça? ». Prabhupada paraissait ennuyé, puis il devint silencieux. Mais après un moment, il parla à nouveau et dit: « En fait, ce n’est pas que je préfère, mais c’est mieux. »

Histoire N°2:

A San Francisco en 1967, Srila Prabhupada a progressivement augmenté le standard de ses disciples. Beaucoup d’entre eux n’étaient pas plus que des hippies passant du bon temps à manger et chanter dans les vitrines. Juste à coté du temple, il y avait un magasin de glace, et tout au bout de la rue un autre qui vendait des beignets, tous deux étaient fréquentés par les dévots. A moins qu’il ne se passe quelque chose de particulier au temple, on pouvait trouver beaucoup de dévots dans l’un ou l’autre de ces magasins. Par conséquent, quand Srila Prabhupada descendait de ses appartements, il passait quelquefois très lentement devant le magasin de glace pour voir si certains de ses disciples s’y trouvaient. Ensuite, il descendait jusqu’au magasin de beignets et regardait par la vitrine. Parfois même certain de ces dévots se cachaient sous leur siège pour ne pas être repéré lorsque Srila Prabhupada regardait à l’intérieur. Plus d’une fois, Srila Prabhupada avait mentionné pendant la conférence du soir que les dévots ne devaient pas aller manger dans les magasins de glace ou manger des beignets, mais seulement manger du Krishna Prasadam.

Depuis le début de sa prédication en Amérique, Prabhupada encourageait ses dévots à prendre part à l’extase dévotionnelle de chanter et danser. Lors des promenades matinales, il demandait quelquefois à chaque dévot, « As tu chanté hier soir? » en faisant référence au kirtan collectif dans le temple.

« J’ai essayé, mais il n’y avait plus de place. » répliqua un dévot. Gargamuni dit: « Non, parce que j’avais peur de pleurer. » Il ne fait aucun doute que ces remarques par ses disciples étaient teintées d’émotions néophytes, cependant Srila Prabhupada répondit sérieusement: « Quand vous êtes avec des gens ordinaires », dit-il, « vous ne devez pas pleurer, parce qu’ils ne comprendraient pas, mais quand vous êtes avec des dévots, vous pouvez pleurer, parce que les dévots sauront que vous pleurez pour Krishna. »

Et Prabhupada a aussi montré des pleurs. Un jour pendant un programme du Dimanche, les dévots jouaient une pièce sur Narada Muni et le chasseur Mrgari. Visnujana das jouait Narada, et quand il s’est mis à réciter les versets de la prière au maître spirituel, chacun a pu remarquer que quelque chose brillait au coin de l’oeil de Prabhupada. Il avait une larme dans son oeil, mais elle était particulièrement brillante, comme un diamant. Après que Prabhupada ait quitté le temple, beaucoup de dévots ont commenté, « vous avez vu le diamant dans l’oeil de Prabhupada? »

Histoire N°3:

Le serviteur de Srila Prabhupada avait des difficultés à contrôler ses sens et il a demandé à Srila Prabhupada de lui donner une diète spéciale. Quand les autres ont eu vent que Prabhupada lui avait recommandé une diète spéciale, un autre dévot l’a approché pour un traitement similaire.

« Prabhupada, y aurait il quelque chose pour m’aider à mieux contrôler ma langue? Y a t’il certaines choses à éviter comme le sucre? »

Prabhupada a dit: « La méthode pour contrôler la langue est de chanter et de prier. »

« Ouais », le dévot a répondu: « je chante et je prie, mais j’ai toujours du mal. »

Prabhupada s’est calé sur son siège et a ri: « Oui » a t’il dit, « je sais. J’ai une langue aussi. Cela peut sembler difficile, mais autant que possible, essaye de manger simplement. »

Prabhupada a continué en décrivant comment pendant la seconde guerre mondiale, il y avait eu un bombardement à Calcutta -juste au moment où Prabhupada était en train de respecter le prasadam. Des amis sont venus chez lui l’avertir: « Abhay Caran, vient vite! La sirène des raids aérien a stoppé! les bombes arrivent! » Prabhupada a répondu en disant qu’il ne pouvait pas venir parce que sa femme venait tout juste de préparer des kacauris. Il dit à ses amis, « allez au abri. Je vais rester ici. » Et il a offert les kacauris, les  a mangé, et a chanté Hare Krishna.

Histoire N°4:

Un soir au Manoir à Londres, Srila Prabhupada était assis dans sa chambre avec ses disciples et quelques invités, y compris une femme reporter qui était venue interviewer Srila Prabhupada. Malgré la fraîche saison d’été à l’anglaise, la reporter était habillée avec une toute petite mini jupe. Sa toute première question révéla son attitude sceptique et presque cynique envers le mouvement Hare Krishna. Comme à son habitude, Srila Prabhupada répondit à ses questions calmement et avec beaucoup d’expertise. Quelque peu exaspérée et dans une attitude de défi, elle souleva cette question quasi rituelle: « Pourquoi vous les dévots avez le crâne rasé? ». Sur ce Srila Prabhupada rétorqua du tac au tac, « et vous, pourquoi avez vous les jambes nues? » La reporter resta sans voix. Srila Prabhupada expliqua ensuite: « Mieux vaut avoir les jambes au chaud et la tête au frais ». Et chacun, y compris la reporter, se mit à rire avec délice. Prabhupada rajouta: « Vous devez avoir la tête froide pour comprendre la philosophie de la Conscience de Krishna. »

Histoire N°5:

Pendant une marche matinale à Vrindavan, les dévots questionnait Prabhupada au sujet de la lune. On pouvait encore apercevoir un croissant pâle dans le ciel et plusieurs oiseaux se répondaient d’arbres en arbres. Prabhupada dit que la lune brillait et qu’elle avait par conséquent de la chaleur mais que cependant son effet sur la terre était rafraichissant. Visakha dasi était une des rares femmes à venir régulièrement accompagner Srila Prabhupada dans ses promenades parce qu’elle était photographe. A cette occasion, elle arrêta de prendre des photos et s’est rapproché de Prabhupada pour lui poser une question sur la lune.

« Prabhupada, il est dit dans une teneur et portée de votre Bhagavad-Gita que grâce au rayonnement de la lune, les végétaux avaient du goût. Donc comment se fait il que la lune donne aux végétaux ses arômes? »

Prabhupada s’est arrêté de marcher pour réfléchir à sa question. Son comportement était tendre et doux, mais son regard a pénétré dans ses yeux.

« Pourquoi ne lui demandes-tu pas? » fut sa seule réponse, et il reprit sa marche.

Histoire N°6:

Voici ce que Prabhupada a dit au sujet du prasadam

« Concernant le prasadam, les restes devraient toujours être consommé s’ils ne sont pas périmés ou sauf s’ils ont été touché par une personnes malade. On ne devrait jamais gaspiller du Krishna prasadam. La meilleure chose est de cuisiner seulement ce qui est nécessaire et ensuite donner à chaque personne ce qu’il souhaite. C’est le système védique, que les gens s’assoient en ligne derrière leur assiette et les serveurs passent dans les rangs et servent une très petite portion de chaque préparation sur chaque assiette, sauf si la personne n’en veut pas, alors rien n’est servi. Ensuite si quelqu’un veut plus, le serveur repasse dans les rangs continuellement et donne plus à la demande. De cette manière rien n’est perdu et tout le monde est satisfait. (extrait d’une lettre du 27 novembre 1971)

En Inde, Prabhupada a montré aux dévots comment un homme civilisé devait manger et comment on doit servir les invités qui viennent au temple. Pendant le repas, l’hôte doit être très attentif aux besoins de ses invités, leur servir des puris chaud, de l’eau fraîche, et leur donner plus de tout. Il doit aussi entretenir une conversation légère et relaxante avec ses invités et éviter les sujets lourds qui génèrent de l’anxiété.

Prabhupada a dit que le riz est inutile s’il n’est pas servi chaud. Il a aussi dit qu’on ne doit jamais le réchauffer car cela provoque un effet poison.

« En ce qui concerne le fait d’offrir du jus de pomme aux déités, cela peut être fait à la seule condition qu’il soit préparé par les dévots. Ceux qui élaborent cette nourriture ne prennent aucune précaution de propreté et n’ont aucune dévotion pour Dieu dans leur laboratoire, dont ce n’est pas acceptable pour offrir. Si vous pouvez faire cette préparation vous même, alors c’est d’accord. » (extrait d’une lettre du 19 décembre 1968)

Histoire N°7:

Dans ses derniers jours à Vrindavan, Srila Prabhupada était porté sur un palanquin pour monter et descendre les escaliers. Son habitude était de se reposer la journée dans son lit qui était sur le toit. Un jour, en montant l’escalier étroit qui menait du 1er étage au toit, Satadhanya Maharaja portait la partie arrière du palanquin avec ses deux mains, et un autre dévot portait la partie avant. Tamala Krishna Goswami dirigeait le groupe et Upendra dasa les suivait en portant le lota pour boire de Prabhupada et son châle. Soudain Srila Prabhupada a commencé à rire de manière incontrôlable. Les dévots étaient médusés parce que Srila Prabhupada était très malade et avait été jusque là silencieux et grave. Il leur dit: « Voulez vous entendre une histoire drôle? » Il répondirent tous: « Oui Prabhupada. » « Allons en haut, je vous la raconterai. »

Pendant que Upendra se précipitait pour aller chercher son magnétophone, les autres portaient Srila Prabhupada sur le toit, le placèrent sur son lit, et s’assirent à ses pied. Le corps de Srila Prabhupada étaient très émaciés suite à des mois de jeûne, et il était allongé mais il continuait à rire.

Il dit: « Il y a un proverbe bengali. Garib manus ca chinga khai hakta gelo gauda jaya. » Rien que de le dire fit rire Prabhupada encore plus. Les dévots restaient mystifiés et dans l’attente.

« Maintenant je vais vous expliquer » dit Srila Prabhupada. « Garib manus. garig signifie « pauvre » et « manus » signifie « homme ». Encore une fois Srila Prabhupada éclatat de rire, son corps frêle tremblait et tout son visage souriait. « Ca chinga khai. » continua t’il. « Ca chinga » signifie « sauterelle ». « Khai » « manger », continua t’il. Donc ce pauvre homme n’a rien, pour manger il doit chercher des sauterelles. Garib manus ca chinga khai hakta gelo. Mais quand il va aux toilettes -gauda jaya, il monte sur un grand cheval blanc ». Prabhupada a rit encore plus fort et tous les dévots autour étaient étonnés. Alors Prabhupada se tourna vers Upendra et lui dit: « Tu comprends? ». Le visage d’Upendra vira au rouge d’incompréhension. Satadhanya Maharaja pensait: « Oh pourvu que Prabhupada ne me demande pas. » Satadhanya se tourna vers Tamala Krsna Maharaja et murmura: « Tamal, tu comprends? » Tamala Krsna Maharaja hocha la tête pas très sûr et dit: « Oui » mais il resta silencieux.

Prabhupada dit: « Regardez. Garib manus. Un pauvre homme n’a que des sauterelles à manger mais quand il va aux toilettes il monte un grand cheval blanc. » Quand Prabhupada vit qu’ils ne comprenaient pas, il expliqua: « De même manière je suis un sannyasi. Donc un sannyasi est un mendiant, un homme pauvre. Je suis un pauvre homme, et cependant quand je vais dormir, quatre hommes doivent me porter sur un palanquin. » Alors tout le monde a ri et s’est réjoui de l’histoire de Prabhupada, mais pas autant que Prabhupada lui même ne l’avait fait.

Histoire N°8:

Sa stature. Srila Prabhupada mesurait peut être 1,65m. Un non dévot dirait que c’était un « petit homme ». La plupart de ses disciples était plus grand que lui. Mais nous ne pensions pas comme ça, qu’il était un petit homme. Quand nous voyions un reporter le décrire comme cela, un petit homme, cela n’avait aucun sens. C’était de toute évidence la vision déformée d’un non dévot. Son serviteur a dit une fois, « pour quelqu’un qui est supposément petit, ça prend toute votre énergie de couvrir son dos et de le masser. Je ne comprends pas comment ça se fait!). Il chaussait du 40, et sa taille de chemise était du 36. La paume de ses mains était douce avec de longues lignes fermement tracées.

Il y avait quelque chose de protecteur qui émanait de ses disciples du fait de la plus petite taille de Prabhupada. Nous voulions être sûr de le protéger parce qu’il était si grandiose, si précieux, notre maitre spirituel. Que ce soit en compagnie de karmis ou de dévots, son allure était royal quand il marchait avec sa cane, pas du tout comme un « petit » ou un « vieil » homme.  Quiconque, quelle que soit sa stature, quand il approchait Prabhupada le faisait respectueusement, s’adressant à lui avec déférence. Prabhupada était âgé et un homme cultivé, et de fait était toujours traité de cette manière, très respectueusement. Quand il parlait il était toujours raffiné et juste, et proclamait sa mission spirituelle dans chacune de ses actions, et les gens pouvaient le voir par eux même.

Ses disciples occidentaux l’accompagnaient habituellement, et ils étaient plein d’adoration pour Prabhupada, ceci aussi était impressionnant. Il n’était pas seul, mais avec ses serviteurs. S’il apparaissait plus petit, il contrôlait cependant tout ceux qui était plus grand que lui, par conséquent il était plus grand qu’eux. Il avait de la force. Son mental était fort. Son visage n’était pas petit, de même que son nez aristocratique et sa large bouche. Ses yeux était grands. Une fois encore tout ceci contredisait l’idée d’un « petit homme ». Il était saint, sadhu, pas petit. Il ne s’asseyait pas en catimini. Sa voix était profonde, pouvant être bourrue, forte, autoritaire, rien de petit. Son contrôle sur des hommes massifs comme brahmananda, Jayapataka, bhavananda était total. Ses mots, le mouvement de ses sourcils, ou la tournure de sa bouche pouvait littéralement les réduire au silence ou les faire se précipiter en actions. Et il a écrit tant de livres. Il n’était pas petit. Mais s’il le choisissait,  il pouvait être comme un enfant et vous aviez à vous occuper de lui complètement. C’était son amour.

Histoire N°9:

En Inde, Srila Prabhupada était souvent invité à assister à des programmes dans les maisons des gens. Quelquefois ces personnes étaient très pieuses et devenaient des dévots grâce au contact avec Srila Prabhupada. Dans certains cas, ils voulaient principalement des bénédictions matérielles comme la santé ou la prospérité, en retour d’avoir reçu un sadhu et ses disciples. Une fois, Srila Prabhupada était assis avec une vingtaine de ses disciples, dans le séjour d’un homme, pendant que celui ci présentait un à un tous les membres de sa famille.

« C’est ma femme. », dit l’homme, et la femme s’avança, s’inclinant légèrement en joignant les mains. « Et ça c’est mon fils ainé, ça c’est ma fille et voici mon plus jeune fils. » Chacun s’avança et dit son nom pendant que Prabhupada hochait la tête cordialement. « Voici le mari de ma fille » continua l’homme « et leur trois enfants. » Chacun d’eux apparut et disparut rapidement. Finalement tous les membres furent introduit et disparurent, laissant momentanément Srila Prabhupada seul dans le séjour avec ses dévots. D’un ton confidentiel, Prabhupada confia tranquillement à ses disciples : »C’est ma vie sexuelle. »

Histoire N°10:

Srila Prabhupada un jour a dit que quand un de ses manuscrits était imprimé et publié comme un livre il sentait que c’était comme s’il avait conquis un empire, et pour ses disciples c’était aussi l’occasion d’une association intime pour être capable de préparer ses livres pour l’impression et lui apporter en avance une copie fraîchement sortie des presses.

Quand le 7eme chant, 2eme partie du Srimad Bhagavatam fut imprimé, Srila Prabhupada restait au centre d’ISKCON de New York. Ramesvara swami et Radha-vallabha était partis à l’aéroport pour recevoir les deux premières copies envoyées par fret spécial. Il était environ deux heures du matin, quand ils revinrent au temple. Pressés de présenter le livre à Srila Prabhupada, ils prirent l’ascenseur  jusqu’à sa chambre qui était au onzième étage. La lumière était allumée dans sa pièce de réception. Ouvrant doucement la porte, ils trouvèrent qu’il n’était pas là. Ils allèrent à nouveau dans l’entrée et virent que la lumière de la salle de bain était allumée. Avec des grimaces d’enfants, contrôlant difficilement leur rire, ils cachèrent chacun un livre derrière leur dos et attendirent, en souriant de pouvoir les présenter à Prabhupada. Quand Prabhupada sortit, il les vit et dit: « Oh vous êtes ici? ». Il remarqua qu’ils avaient quelque chose derrière leur dos en essayant de contrôler leur sourire. « Vous avez quelque chose pour moi? » dit-il, réciproquant parfaitement à leur humeur. Il marcha ensuite en tête jusqu’au salon, jetant des regards amusés par dessus son épaule en les invitant d’un « par ici! ».

Quand ils tendirent les livres à Srila Prabhupada, il s’exclama: « Aaaah! » et en prit un immédiatement, le porta à son front. Il regarda la couverture et ensuite tourna le livre et regarda la couverture au dos. Il l’ouvrit à la première page et lut à haute voix le verset sélectionné en épitaphe. Il passa en revue toute l’introduction page par page, et regarda ensuite soigneusement toutes les illustrations. Ensuite Srila Prabhupada commença à lire le livre à haute voix, à partir de « Prahlad pacifie le Seigneur avec des prières. » La cérémonie joyeuse de présentation plongea bientôt dans l’extase d’une lecture du Bhagavatam par Srila Prabhupada. ll lut environ pendant quarante minutes, visiblement inconscient du reste.

Histoire N°11:

Prabhupada devait faire face à beaucoup d’inconvénients due à la vieillesse et la maladie, mais il n’était jamais affecté dans sa conscience de Krishna pure. Même extérieurement, il refusait souvent de s’incliner devant les obligations de sa maladie, pronostiqué selon les cas comme étant du diabète, une faible digestion, et beaucoup d’autres choses. Lui et ses disciples appelaient le docteur à intervalles réguliers, mais Srila Prabhupada prenait rarement leur prescriptions ni ne suivait les diètes et régimes indiqués. Il n’était pas ce qu’on pourrait appeler un bon patient.

Quand à New York, un médecin allopathique indien le visita et donna à Prabhupada des médicaments et des antibiotiques, Prabhupada fut polit et agréable, mais son serviteur, Hari Sauri, était sceptique.

« Allez vous prendre vos médicaments? » demanda t’il.

Prabhupada caressa les petites pilules sur son bureau et dit évasivement: « On verra. » Il ne les prit jamais. Certains dévots pensaient que Srila Prabhupada voyait des docteurs uniquement pour les engager dans le service de dévotion.

Il se rebellait contre les prescriptions sur sa diète même quand il était assez malade. Un Kaviraja en Inde, ordonna que Prabhupada ne pouvait pas manger de riz, de pomme de terre, du sucre et certains fruits. Quand il appela sa cuisinière, Daivisakti, à Vrindavan et lui demanda si elle pouvait faire du panjab boli, un subji de pomme de terre épicé, elle lui a rappelé consciencieusement, « Mais Prabhupada, vous ne pouvez pas manger de pomme de terre. ». Il endura cela pour quelques jours et ensuite annula l’ordre. Il demanda son bon vieux repas fait de riz, dhal, capatis et sabji. A ce moment là, un autre de ses serviteurs bien intentionné, Upendra, intervint et essaya de le restreindre. « Mais Prabhupada, le docteur vous a dit de ne pas prendre ces choses. Vous allez devenir malade. »

Prabhupada répliqua: « Nous ne sommes pas docteur dasa, nous sommes Krishna dasa. » Dès ce jour, il reprit sa diète normale.

A Mayapur, sa cuisinière Palika dasi, essaya une diète encore plus stricte, basée sur les instructions d’un fameux kaviraja de Calcutta. Dans ce cas, Prabhupada devait suivre un horaire complexe par lequel il devait prendre des pilules et manger et boire seulement à certaines heures. C’était en 1977, quand Prabhupada était si malade qu’il descendait rarement dans le temple pour donner des classes ou pour faire sa promenade matinale. Un après-midi, un dévot appelé Anakadundubhi, ne sachant pas les horaires serrés dans lequel Prabhupada pouvait boire et manger, apporta à Prabhupada une noix de coco fraîche, pour boire comme à son habitude. Alors qu’il commençait tout juste à boire, Palika entra et le gronda: « Srila Prabhupada vous n’êtes pas supposé boire quelque chose. »

Prabhupada répondit avec défi: « Qui a dit ça? » et il vida immédiatement tout le verre de jus, alors que d’habitude il le sirotait lentement. et il rajouta: « Toute ma vie, j’ai fait tout ce que j’ai voulu. »

Histoire N°12:

Un disciple, Satya-narayan das, avait été conseillé par d’autres dévots, qu’étudier sérieusement l’Ayurveda serait important. Satya-narayana vivait en Floride, mais il planifiait d’aller en Inde pour commencer des études médicales. Il avait écrit à un kaviraja de Calcutta, un que Prabhupada voyait quelquefois, et le kaviraja lui avait répondu qu’il acceptait Satya-narayana comme son élève.

Arrivant à Mayapur, Satya-narayana alla voir Srila Prabhupada, qui à ce moment là était en train de recevoir un massage sur le toit de ses appartements. Dès les premières tentatives de son disciple pour lui expliquer son projet d’Ayurveda, Srila Prabhupada leva ses mains et dit: « Oh, je suis très fatigué maintenant.  » Il semblait qu’il était non seulement fatigué mais pas particulièrement enclin à écouter.

Au bout d’un jour ou deux, Satya-narayan arrangea pour avoir une autre entrevue. Cette fois, il entra dans la chambre de Srila Prabhupada, offrit ses dandavats, et expliqua un peu plus les choses. « Je peux rester en tant que pujari ici à Calcutta. C’est seulement à un kilomètre du docteur, et je peux étudier sous ses directives. J’ai la permission de mon autorité. »

Prabhupada l’interrompit: « Non, ce n’est pas très important. » Ensuite il regarda au loin. Satya-narayana ne pouvait pas croire qu’il était supposé accepter sans plus de commentaire. Il voulait une réponse et une raison, alors il s’assit tranquillement en regardant Prabhupada. Prabhupada se tourna gentiment vers lui. « Nous ne sommes pas intéressés à étudier ces différentes sciences. Toute médecine qui marche, nous l’acceptons. En fait la médecine occidentale est très avancée, donc il n’y a aucune raison d’étudier cela. Nous voulons devenir des brahmanas. » Prabhupada pointa en direction du livre de Krishna sur son bureau et dit: « Lis simplement mes livres. C’est ce que tu dois faire.! »

Satya-narayana se sentit satisfait et dit, « Merci Prabhupada. »

Prabhupada répondit fortement, « Hare Krishna! « , et ce fut la fin de la carrière de Satya-narayana dans l’Ayurveda.

Introduction de la Bhagavad Gita, Srila Prabhupada

(Pensez à activer les sous titres en français)

Introduction à la Bhagavad Gita

Donc, Je vais parler de la Bhagavad-gītā telle qu’elle est. Le but de dire Bhagavad-gītā « telle qu’elle est », est d’expliquer qu’il y a beaucoup d’éditions de la Bhagavad-gītā. Elles sont interprétées à leur façon, trahissant l’esprit de la Bhagavad-gītā. Donc, ce nom particulier, « Telle qu’Elle Est », est significatif. Peut-être qu’il n’y a pas d’autre édition de la Bhagavad-gītā où il est écrit « Telle qu’Elle Est ».

A cet égard, le professeur Dimock de l’Université de Chicago a écrit une préface, et il apprécie beaucoup le sujet. Il dit: « Swami Bhaktivedanta commente la Gītā partant de son point de vue, et c’est légitime. » Il accepte que la Bhagavad-gītā Telle qu’Elle Est soit une présentation légitime du grand livre de la Connaissance.

Il ajoute: « En plus de cela, dans cette traduction, le lecteur occidental a l’occasion unique de voir comment un dévot de Kṛṣṇa interprète ses propres textes. » Donc, concernant Kṛṣṇa, les dévots peuvent effectivement interpréter les livres sur Kṛṣṇa. Les autres, s’ils ne sont pas dévots, comment peuvent-ils parler de Kṛṣṇa ?

Tout comme un membre de la famille peut parfaitement donner des informations sur le chef de famille. Mais comment des étrangers pourraient ils le faire ? Ce n’est pas possible. De même, un dévot de Kṛṣṇa peut parler correctement de Krsna. Pas les autres. Les autres n’ont pas le droit de parler de Kṛṣṇa.

Kṛṣṇa a aussi reconnu Arjuna comme étant un étudiant approprié de la Bhagavad-gītā. Au début, Kṛṣṇa dit: « Je t’ai choisi comme mon élève car tu es Mon ami et Mon dévot. » Donc, en d’autres termes, nous pouvons comprendre que la Bhagavad-gītā peut être comprise par celui qui a une relation intime avec Kṛṣṇa.

Kṛṣṇa dit: « tu es Mon ami intime. » ce qui signifie qu’il a une relation très proche avec Kṛṣṇa. Sans devenir un dévot, personne ne peut être relié intimement à Kṛṣṇa. Ce sont des critères qui doivent être compris.

Donc, cette Bhagavad-gītā a été énoncée il y a 5000 ans à Arjuna sur le champ de bataille de Kurukṣetra. La science pour comprendre Dieu est là, dans cette Bhagavad-gītā. la Bhagavad-gītā est la science de Dieu.

Tout contient une certaine science. Il y a des livres scientifiques pour comprendre un sujet particulier. De même, il existe différents types de conceptions de Dieu. Généralement, ils le prennent comme une idée, mais nous ne le prenons pas comme une idée. Nous prenons Dieu comme un fait concret. Tout comme vous me voyez, je vous vois. Ceci est un fait concret.

De même, Dieu peut être vu par vous, et Dieu vous voit déjà. Il n’y a aucun doute à cela. Mais vous aussi vous pouvez voir Dieu. Ce processus, nous devons le comprendre, comment voir Dieu. Il est mentionné dans toutes les écritures Védiques. Ce processus s’appelle le bhakti-yoga.

Kṛṣṇa dit aussi dans la Bhagavad-gītā. bhaktya mam abhijanati, yavan yas casmi tattvatah (BG 18-55) Si quelqu’un veut connaître Kṛṣṇa, ce qu’Il est, il doit accepter le processus du bhakti-yoga. Il existe différents types de yogas. Yoga signifie se lier avec Dieu la Personne Suprême. Donc, concocter un yoga ne nous aidera pas.  Vous devez suivre un yoga réel. Le yoga réel est la conscience de Kṛṣṇa.

Donc, nous avons donné notre introduction de la Bhagavad-gītā. On doit comprendre la Bhagavad Gita, telle qu’elle est indiquée dans la Bhagavad-gītā. Il y a un sens. Comment lire la Bhagavad-gītā.

Les gens lisent la Bhagavad-gītā, sans suivre le sens. Ceci nous l’avons expliqué, par exemple quand vous prenez des médicaments, il y a des indications sur la bouteille, quelle est la dose. Vous prenez tant de gouttes, tant de fois. Ce sont les indications. De même, pour comprendre la Bhagavad-gītā, en fait, vous devez accepter les indications données par l’auteur Lui-même, Kṛṣṇa.

Il dit qu’il y a très très longtemps, environ 40 millions d’années, Il a d’abord énoncé la Bhagavad-gītā au deva du soleil. Le deva du Soleil a transmis cette connaissance à son fils, Manu. Et Manu l’a transmit à son fils, Ikṣvāku. imam vivasvate yogam proktavan aham avyayam, vivasvan manave praha manur iksvakave ‘bravit (BG 4-1)

Donc, les rāja-ṛṣis,  sont tous rois. Manu est roi, Mahārāja Ikṣvāku est roi, et le deva du soleil, Vivasvān, est aussi roi. Il est le roi de la planète du Soleil. Son petit-fils Ikṣvāku est devenu le roi de la terre, Mahārāja Ikṣvāku. Cette dynastie est connue comme raghu-vaṁśa, celle où Sri Rāmacandra est apparue. C’est une très vieille famille monarchique. Ikṣvāku vaṁśa, raghu vaṁśa, vaṁśa signifie la famille.

Donc autrefois, les rois, les chefs de l’administration exécutive, avaient l’habitude d’apprendre les injonctions données par Dieu. Donc, selon la Bhagavad-gītā, seul un dévot de Kṛṣṇa, une personne intimement liée à Kṛṣṇa, peut comprendre ce qu’est la Bhagavad-gītā.

Arjuna, après avoir entendu la Bhagavad-gītā de Kṛṣṇa, s’est adressé à Lui en tant que: param brahma param dhama pavitram paramam bhavan purusam sasvatam divyam adi-devam ajam vibhum (BG 10-12) Il a compris Kṛṣṇa en tant que Param brahma. Param brahma signifie la Vérité Suprême.

la Vérité Absolue, Param brahma. Les êtres vivants sont aussi appelés brahma, mais les entités vivantes ne sont pas Param brahma. Param brahma signifie Suprême. Donc Arjuna s’est adressé à Lui en tant que Param brahma et Param dhama. Param dhama désigne le lieu d’où provient toute chose.

Tout provient de l’énergie du Seigneur Suprême. C’est pourquoi Il est appelé Param dhama. Tout comme toutes ces planètes s’appuient sur la lumière du Soleil. La lumière du soleil est l’énergie du globe Solaire. De même, cette énergie matérielle est l’énergie de Kṛṣṇa. Et tout ce qui est matériel ou spirituel, tout provient de l’énergie de Kṛṣṇa.

Le lieu d’origine est l’énergie de Kṛṣṇa. À un autre endroit, Kṛṣṇa dit: maya tatam idam sarvam jagad avyakta-murtina mat-sthani sarva-bhutani na caham tesv avasthitah(BG 9-4) Kṛṣṇa dit: « Dans Mon aspect impersonnel, Je Me répands partout. » Omniprésent. Dieu est omniprésent par Son aspect impersonnel, à savoir Son énergie.

L’exemple est donné, tout comme la chaleur est l’énergie du feu, le feu se propage par sa chaleur et sa lumière. Le feu est à un endroit, mais la chaleur et la lumière se propagent. De même, Kṛṣṇa est dans Sa propre demeure, qui est appelée Goloka Vṛndāvana. Il y a une planète dans le monde spirituel, la planète la plus élevée. Tout comme la planète la plus élevée au sein de cet univers est appelée Brahmaloka, de même, dans le monde spirituel, il y a une planète la plus élevée, appelée Goloka Vṛndāvana. C’est le lieu de Kṛṣṇa. Kṛṣṇa est là. Mais Il peut S’étendre par Ses différentes énergies et par Ses différentes incarnations.

Cela ne veut pas dire que lorsque Kṛṣṇa était présent sur cette planète, qu’Il était absent sur Goloka Vṛndāvana. Non. Ce n’est pas comme ça. Tout comme je suis maintenant ici présent, je suis absent de mon appartement. Kṛṣṇa n’est pas comme ça. Kṛṣṇa peut être présent partout et en même temps, Il peut rester dans Sa propre demeure.

Ceci est décrit dans la Brahma-Saṁhitā. goloka eva nivasaty akhilatma-bhuto (BS texte 37) Bien qu’Il soit dans Sa demeure, qui est connue comme Goloka Vṛndāvana, Il peut S’étendre partout. Et en fait, Il l’a fait. Donc, nous devons savoir comment Il Se propage. De quelle manière Il est en contact avec nous. C’est ça la science. Ces choses sont expliquées dans la Bhagavad-gītā,

Donc ici Kṛṣṇa est nommé Param dhama. Le lieu d’où provient toute chose. Chaque chose a une origine. Kṛṣṇa dit aussi: mat-sthani sarva-bhutani (BG 9-4) Tout dans la manifestation matérielle provient de Lui. na caham tesv avasthitah, mais Je ne suis pas là . Ce qui est contradictoire. Tout repose sur Lui, mais « Je ne suis pas là ».

Mais ce n’est pas contradictoire. C’est très simple à comprendre. Tout comme, toutes les planètes s’appuient sur la lumière du Soleil, mais la lumière du Soleil est loin de ces planètes. A quelques millions de kilomètres de lui. Mais s’appuyer sur la lumière du soleil signifie dépendre du Soleil, c’est un fait. C’est pourquoi Kṛṣṇa dit: mat-sthani sarva-bhutani na caham tesv avasthitah (BG 9-4)

Para brahma para dhama, Pavitram (BG 10-12) cela signifie non contaminé. Quand nous venons dans ce monde matériel, nous sommes également une âme spirituelle, brahma, pas exactement aussi bien que Param brahma, Kṛṣṇa, mais malgré tout, parce que nous sommes une particule faisant partie intégrante de Kṛṣṇa, nous sommes également brahmā. Pavitraṁ.

Pavitraṁ signifie pur. Tout comme les particules d’or sont également de l’or. Si l’or est pur, la particule l’est aussi. Donc, Kṛṣṇa vient dans ce monde, et nous aussi. Mais nous sommes contaminés. Kṛṣṇa n’est pas contaminé. L’exemple est, tout comme dans une prison, il y a beaucoup de prisonniers, mais si le roi, ou un représentant du roi, un ministre, va dans la prison, pour voir comment les choses se passent, cela ne signifie pas que le roi ou son ministre soit aussi un prisonnier. Il n’est pas prisonnier..

Mais nous, les êtres vivants, nous avons été empêtrés dans ces modes de la nature matérielle. Mais Kṛṣṇa n’est jamais pris dans ces modes de la nature matérielle. C’est pourquoi il est appelé pavitraṁ paramaṁ. Absolu. Pur. Bhavān. Bhavān signifie pur. Et puruṣa. Puruṣa, signifie qu’on s’adresse à Lui comme à une personne. Dieu n’est jamais impersonnel. Dieu est une personne. Exactement comme vous et moi.

Quand Il est apparu sur cette planète, exactement comme un être humain, avec deux bras, deux jambes, marchant et parlant comme un humain, se comportant tout comme un humain. Donc Dieu est Puruṣa. Puruṣa signifie homme. Je veux dire masculin, pas féminin. Homme. Sans être un mâle, on ne peut pas devenir le jouisseur. A un autre endroit, il est dit que Kṛṣṇa est le Jouisseur Suprême. Dès que le mot « jouisseur » est utilisé, il doit être puruṣa, mâle.

Donc, cela est décrit, et Arjuna a comprit qu’Il est puruṣa. Param Puruṣa, la Personne Suprême. Dans un autre endroit, Kṛṣṇa est décrit comme Puruṣottam. Le meilleur des mâles. Ainsi, puruṣaṁ śāśvatam. śāśvatam signifie éternel.

Les philosophes māyāvādīs, pensent que la Vérité Absolue est impersonnelle. mayy asakta-manah partha yogam yunjan mad-asrayah asamayam samagram mam yatha jnasyasi tac chrnu(BG 7-1) Arjuna a été informé par Kṛṣṇa sur ce qu’est Dieu. La conception de Dieu, quoi que nous puissions concocter, ne peut pas être parfaite car Dieu est illimité. Omniprésent et nous sommes limités.

Donc à moins que Dieu Lui-même ne Se révèle au dévot, il n’est pas possible de comprendre ce qu’est Dieu. C’est pourquoi, Dieu lui même, Kṛṣṇa, parle de Lui-même. le processus est: mayy asakta-manah

On doit augmenter notre attachement pour Kṛṣṇa. Nous sommes pour l’instant, attachés aux choses matérielles, et nous devons nous détourner de cela. Notre position est que nous avons besoin d’être attaché à quelque chose, c’est un fait. Donc maintenant, partant d’une conception corporelle de l’existence,  nous sommes attachés à ce corps, et tout ce qui est rattaché à ce corps, nous y sommes attachés.

Tout comme j’ai eu de l’attachement pour ma femme. Pourquoi ? Il y a des milliers et des millions de femmes, des belles femmes. Je n’ai pas d’attachement pour elles. Mais j’ai un attachement pour ma femme, même si elle n’est peut-être pas très belle, c’est un fait. Pourquoi ? à cause de sa relation avec mon corps.

De même, j’ai un attachement pour mon pays et pour ma maison, et tant de choses, parce que je pense que je suis ce corps, et n’importe quoi en rapport avec ce corps, je pense que c’est à moi. Donc actuellement, ma conception du « Je » et du « Mien » est fausse. Par conséquent, si nous détournons cet attachement pour Kṛṣṇa, alors nous pouvons comprendre Kṛṣṇa, ou Dieu, parfaitement bien.

Kṛṣṇa est juste comme le Soleil, quand il y a la lumière du Soleil, vous pouvez voir le Soleil et vous voir vous même. Sans la lumière du soleil, dans l’obscurité de la nuit, vous ne pouvez voir ni le soleil, ni vous-même. Par conséquent, le processus est mayy ashakta mana, développer la Conscience de Kṛṣṇa.

mayy asakta-manah partha yogam yunjan mad-asrayah, c’est le yoga. Yoga signifie connecté, union. Ce yoga doit être pratiqué en relation avec Kṛṣṇa. C’est pourquoi Il dit, mad āśraya. ‘Mad’ veut dire « moi », ou « le mien ». Āśraya signifie prendre refuge. Donc, vous devez prendre refuge soit de Kṛṣṇa, ou du représentant de Krsna.

Bien sûr, il n’est pas possible pour nous de prendre refuge en Kṛṣṇa, car Kṛṣṇa n’est pas présent à l’heure actuelle. Mais Son représentant est là. Donc on doit prendre refuge de Son représentant. Et pratiquer le bhakti-yoga, concentrer son mental sur Kṛṣṇa. Cela s’appelle la Conscience de Kṛṣṇa.

On doit prendre refuge d’une personne dont la vie est consacrée à Kṛṣṇa et sous sa direction, nous devons pratiquer comment développer la conscience de Kṛṣṇa, alors Kṛṣṇa sera révélé. la révélation est proportionnelle dans l’avancement à la capacité de voir directement Kṛṣṇa.

Traduit par Kalakanthi devi dasi

– Hare Kṛṣṇa –

 

Est ce le début ou la fin de Kartik aujourd’hui?

 

EST CE LE DEBUT OU LA FIN DE KARTIKA AUJOURD’HUI?

 

Aujourd’hui est le dernier jour du mois de Kartika. Les dévots ont eu chacun différentes expériences et réalisations durant ce mois de Kartika. Mais pour certains dévots fortunés cela sera le début d’une année entière de Kartika! Oui, cela est très rare en fait et seulement quelques âmes fortunés recevront la miséricorde et l’inspiration de continuer à l’observer pour une année entière ou toute une vie.

Dans un des versets du Stavamala, Srila Rupa Goswami décrit Srimati Radharani comme Kartiki-devi. Elle est la déité principale de ce mois. Dans le Bhakti Rasamrta Sindhu, il décrit Kartika Vrata comme Urja Vrata.  Urja signifie « puissance, force et pouvoir ».  Qui est la source de ce Urja, ce pouvoir et cette force spirituelle? Urjesvari, Srimati Radharani. Donc c’est le mois où nous recevons la force spirituelle, le pouvoir d’augmenter notre qualification pour servir

et le pouvoir de faire de rapide progrès dans la bhakti. Donc la plupart des dévots observe Kartika Vrata pour d’une manière ou d’une autre satisfaire Srimati Radharani.

Est ce que cette miséricorde s’arrête le dernier jour de Kartika?

Ecoutons ce que Srila Prabhupada a à dire là dessus:

« Vous me demandez ce qui est spécial dans le mois de Kartika? La réponse est que c’est une incitation spéciale pour les personnes qui ne sont pas consciente de Krishna à accomplir quelque service dévotionnel. Pour les personnes qui ne font rien dans la conscience de Krishna. C’est une invitation indirecte à prendre le service de dévotion au sérieux. Mais chaque moment est Kartika. Dans le même ordre d’idée, il y a un bon exemple: quelquefois un magasin fait certaines réclames pour attirer de nouveaux clients. Mais pour ceux qui sont déjà clients, il n’y a pas besoin d’offre spéciale. Ils achèteront à n’importe quel prix parce qu »ils connaissant la valeur importante des marchandises. De la  même manière, ceux qui sont des purs dévots, ne cherchent aucune concession et par amour spontané essaye de s’engager chaque jour, 24h/24, 365 jours par an, chaque année, sans s’arrêter. » (Lettre de Srila Prabhupada à Jayapataka Swami  du 30 Janvier 1969)

Pour les purs dévots, chaque jour de l’année est Kartika. Mais qu’en est il de nous? Ceux qui essaye de développer un amour spontané pour Radha Syam. Qu’en est il si nous n’avons pas pu garder notre vœu pour Kartika ou si nous nous sentons découragé parce que d’une manière ou d’une autre nous avons échoué à tenir notre vœu. Rien n’est perdu pour nous. Nous avons toujours une lueur d’espoir, un vrai rayon de lumière, la miséricorde de Srimati Radharani. Cela ne finira pas le dernier jour de Kartika, à condition que nous prenions une mesure de dernière minute. Aujourd’hui.

Nous savons que la miséricorde de Srimati Radharani est accessible le mois de Kartika. Aujourd’hui est le dernier jour, nous pouvons prendre un vœu d’améliorer un aspect de notre pratique où nous sommes spirituellement faible ou continuer ce que nous avons fait pendant ce mois de Kartika. Nous devrions sincèrement prier Srimati Radharani de nous aider dans ces aspects et de continuer notre vœu jusqu’au prochain Kartika. Pour que cela devienne finalement partie intégrante de notre service quotidien. Nous montrerons ainsi notre sincérité et notre sérieux à essayer de garder ce vœu pour Son plaisir, et non pas pour collecter quelques crédits de piété ou afficher quelques exploits. Cela Lui fera plaisir. Ce sera une manière correcte de cultiver et d’utiliser Kartika. On ne cherche pas à Kartika des solutions vite fait bien fait. Notre but est de cultiver la bhakti, l’amour spontané pour Radha Shyam.

Je répète ce que j’ai dit il y a plusieurs semaines en arrière, que le temple serait bondés tout le mois de Kartika et pratiquement désert le jour après Kartika. Cela ne devrait pas être la condition de notre coeur. Quelle que soit la miséricorde que nous ayons reçu durant ce mois cela devrait nous propulser en avant dans la bhakti. Non pas qu’une fois que Kartika est fini, nous revenons à notre vieille routine, ce n’est pas la meilleure attitude pour satisfaire Srimati Radharani.

Aussi à notre niveau, il est mieux de garder les austérités au loin, et de prendre des vœux qui sont directement reliés à la bhakti. comme les neufs procédés du service de dévotion cités dans le SB. 7.5.23:

sravanam kirtanam visnoh smaranam pada-sevanam arcanam vandanam dasyam sakhyam atma-nivedanam (SB 7.5;23)

sravanam signifie écouter; kirtanam= chanter, visnoh=écouter et chanter quoi? les gloires de visnoh. smaranam=se souvenir de Lui, pada-sevanam=servir Ses pieds pareils au Lotus: arcanam=L’adorer dans Sa forme de déité, vandanam=Lui offrir des prières, dasyam=considérer le Seigneur comme son ami, atma-nivedanam: S’abandonner totalement à Lui.

 

Voici quelques suggestions auquel je pense pour moi même

Faire des efforts pour chanter avec attention les Saints Noms pendant mon japa

Lire chaque jour un chapitre de la Bhagavad Gita (cela prend 10 à 12 minutes)

Lire chaque jour le Srimad-Bhagavatam (Vaisesika Prabhu récemment a partagé que si on lit 41 pages chaque jour on peut lire tout le Srimad Bhagavatam en un an! C’est Incroyable!)

Offrir une lampe de ghee à Tulasi Devi

Lire chaque jour la traduction du Chant de Tulasi après l’avoir chanté

Lire chaque jour la traduction d’un mantra quel qu’il soit (pranam mantra, la prière du prasadam etc)

Commencer à faire chaque jour le Guru Puja à la maison

La liste est sans fin et nous pouvons choisir ce que nous voulons là où nous pensons avoir besoin de progresser: dans notre écoute, la lecture des ECritures, l’amélioration de notre relation avec le Saint Nom, les dévots, le maître spirituel.

Prions au pieds pareils au lotus de Radha Shyamasundar, implorons Srimati Radharani et prenons le voeu de continuer ce que nous avons commencé à Kartika, ou commençons aujourd’hui un nouveau vœu pour satisfaire Ses pieds pareils au Lotus.

Aujourd’hui est le dernier jour de Kartika pour montrer à Srimati Radharani que l’on souhaite La satisfaire et que l’on est prêt à tout pour cela.

La miséricorde de Radharani ne finit pas le dernier jour de Kartika. Cela continue après! Faisons en sorte de continuer à  désirer cette miséricorde.

Toute gloire au mois de Kartika

Toutes gloire à Sri Guru et Gauranga

Toute gloires à Srila Prabhupada

Votre serviteur

Giriraj dasa

 

Disparition de Srila Prabhupada par Giriraja Swami

Jour de Disparition de Srila Prabhupada par Giriraj Swami

(adapté d’une conversation donnée à Houston le 1er Nov 2008)

Nous nous sommes réunis au pied pareils au lotus de Srila Prabhupada à l’occasion bienheureuse du festival pour sa disparition. Quand nous étions avec Sa Divine Grâce à Surat, le jour de la disparition de son maître spirituel, il a fait remarquer que sur une plateforme absolue il n’y a pas de différence entre l’apparition et la disparition du maître spirituel – tout comme le lever et le coucher du soleil, tous deux sont magnifiques.

Srila Prabhupada glorifiait toujours Krisna comme Dieu la Personne Suprême, et il instruisait chacun à prendre refuge de Krishna. Beaucoup de gens qui ont été en contact avec Srila Prabhupada ont été frappé par ce fait. George Harrison, par exemple, a dit que tellement de swamis et de gurus disent à leur disciple de s’abandonner à eux mais Srila Prabhupada disait toujours, « Krishna est Dieu la Personne Suprême; vous devez vous abandonner à Lui. »

Un jour, un nouveau dévot a approché Srila Prabhupada et lui a dit, « Srila Prabhupada, j’ai confiance en vous. Je peux m’abandonner à vous. Mais je n’ai pas confiance dans vos représentants. Je ne peux pas m’abandonner à eux, parce que j’ai peur qu’ils me trompent. » Et Srila Prabhupada a répondu, « Ne t’abandonne pas à moi non plus, je peux aussi te tromper. Abandonne toi à Krishna. »

aho baki yam stana-kala-kutam
jighamsayapayayad apy asadhvi
lebhe gatim dhatry-ucitam tato ’nyam
kam va dayalum saranam vrajema

 

« Hélas, comment pourrais-je prendre refuge de quelqu’un de plus miséricordieux que de Celui qui a accordé la position de mère a la démone Putana, malgré qu’elle n’était pas digne de confiance et qu’elle préparait un poison mortel fait pour être sucé de ses seins? » (SB 3.2.23)

Au début du service de dévotion, un néophyte peut penser qu’il est un dévot, mais au fur et mesure où il progresse, il réalise qu’en fait il n’est pas un dévot. C’est paradoxal: le néophyte pense « je suis un dévot », et les dévots avancés pensent, « je ne suis pas un dévot ». Quand nous voyons la miséricorde de Krishna sur Putana, qui est une démone, nous pouvons penser, « Bon, c’est merveilleux qu’Il soit si miséricordieux avec Putana, mais au moins je ne suis pas un démon, je suis un dévot. » Cependant, bien que nous soyons des aspirants dévots – je ne dis pas que nous ne sommes pas des dévots, mais au moins nous pouvons dire que nous sommes des aspirants dévots – nous avons des qualités en commun avec Putana.

Une des qualités mentionnée est jighamsaya – elle agit par envie. Nous sommes dans le monde matériel à cause de notre envie pour Krishna. Nous ne voulons pas L’accepter comme le bénéficiaire suprême; nous voulons jouir indépendamment de Lui. Ce qui signifie que nous sommes envieux de Lui, et en fait cette envie nous maintient dans le monde matériel. Celui qui est totalement libéré et pure peut être libre de l’envie. Srinivas Acarya a glorifié les six gosvamis de Vrindavan, dhiradhira-jana-priyau: ils sont aimés à la fois des gentils et des mécréants. Dhira signifie celui qui est sobre, qui ne s’identifie pas au corps mais qui sait qu’il est une âme dans ce corps (dhira tatra na muhyati). Il est dhira, sobre, gentil, et jamais perturbé. Et adhira est l’opposé – celui qui s’identifie avec le corps ou, comme le mentionne la traduction de ce verset, est un mécréant. Ainsi, les six gosvamis étaient populaire parmi les gentils et les mécréants. Ils faisaient plaisir à tout le monde parce qu’ils n’étaient envieux de personne et ainsi ils étaient digne d’adoration. Dhiradhira-jana-priyau priya-karau-nirmatsarau pujitau. Ils n’étaient pas envieux (nirmatsarau) et ainsi digne d’adoration (pujitau). Srila Prabhupada explique que celui qui n’est pas envieux est digne d’adoration parce que seule celui qui n’est pas envieux est un pur dévot. Quiconque autre qu’un pur dévot doit être affecté par l’envie. Notre position naturelle est de servir Krishna (jivera ‘svarupa’ haya – krsnera ‘nitya-dasa’). Si nous agissons autrement que comme un serviteur éternel de Krishna, cela signifie que nous n’avons pas pleinement réalisé notre position actuelle et que cette envie originelle de Krishna, qui nous a amené dans ce monde matériel, est encore, à un certain degré, persistant.

Après avoir commencé sa mission à New York et San Francisco, Srila Prabhupada a subi une attaque, et après que tous ses efforts pour récupérer en Amérique aient échoué, il a décidé de retourner en Inde pour recouvrer sa santé. Avant son départ, il a visité le temple de San Francisco. Personne n’attendait, dans sa condition, à ce qu’il parle, mais il a demandé le micro. Il a parlé de sa mission, comment, sous les ordres de son maître spirituel , il avait apporté le mouvement du Seigneur Caitanya en Amérique et comment Krishna lui avait gentiment envoyé des âmes sincères. Il a dit aux dévots, « J’ai quelques enfants en Inde dans ma famille, mais vous êtes mes vrais enfants. Maintenant je vais aller en Inde pour un temps. »

Un des premier disciples de Srila Prabhupada de San Francisco a fait irruption dans la pièce. Les dévots savaient qu’il voulait quitter la conscience de Krishna, qu’il n’avait pas pris ses vœux d’initiation au sérieux, et qu’il voulait partir, qu’il ne voulait plus de maître spirituel. Les autres dévots ont essayé de le décourager, mais il persistait. Maintenant ils étaient ahuris: comment pouvait il faire une chose pareil, la veille du départ de Swamiji?

Le dévot, Ravindra-svarupa (il ne s’agit pas du swami actuel), est tombé au sol pour offrir ses hommages, mais il ne se releva pas. A la place, il a commencé à ramper sur ses mains et ses genoux en direction de Prabhupada. Cet incident dramatique est très détaillé dans le Srila Prabhupada-lilamrta: « Ravindra avait d’ordinaire des manières cavalière, réhaussé d’un visage attirant, de long cheveux, et une barbe. Mais maintenant il  paraissait misérable, sanglotant et fou. Il rampa vers Prabhupada, qui était assis deux marches au dessus du sol sur un simple dais de sequoia.

Prabhupada le regarda avec compassion: « viens mon garçon ». Ravindra monta en rampant les marches et plaça sa tête en broussaille sur les genoux de Prabhupada. Emus, les dévots regardait Prabhupada tapoter la tête de Ravindra et le garçon pleurait encore et encore.

« Qu’est ce qui ne va pas mon garçon? Tu ne dois pas être si malheureux. »

« Ravindra hurla, « je veux…il sanglota, « ahhh…atteindre Dieu directement: sans personne au milieu. »

Prabhupada continua de le caresser et tapota la tête du garçon: « Non, tu continues à rester avec nous si possible. Ne sois pas fou. » Les sanglots de Ravindra persistaient, et Prabhupada continua, parlant à la fois à Ravindra et au groupe bouleversé dans la pièce. « Je suis un vieil homme », dit il, « je peux mourir à tout moment. Mais s’il vous plait, continuez tous ce mouvement de sankirtana. Vous devez devenir humble et tolérant. Comme le Seigneur Caitanya l’a dit, soyez humble comme un fétu de paille et plus tolérant qu’un arbre. Vous devez devenir enthousiaste et patient pour répandre cette philosophie de la conscience de Krishna. »

Soudain les larmes de Ravindra ont cessé. Il se releva d’un bond, se dressa abattu et hésitant pour un moment, se dirigea rapidement vers la porte et la claque derrière lui.

La sortie dramatique de la conscience de Krishna faite par Ravindra avait choqué les dévots. Prabhupada était assis calmement et a continué de leur parler d’une voix grave, leur demandant de rester unis ensemble et de développer ce mouvement, pour leur propre bénéfice et pour celui des autres. Tout ce qu’ils avaient appris, leur dit-il, ils devaient le répéter.

Ils réalisèrent, peut être pour la première dois, qu’ils faisaient partie d’une mission de prédication, un mouvement. et qu’ils avaient une obligation morale envers Swamiji et Krishna. »

Bien que la démonstration de ce disciple ait été extrême, en principe il n’est pas différent de beaucoup d’entre nous. Nous aussi nous ne voulons personne entre nous et Krishna. Nous ne voulons pas souffrir: nous voulons être avec Krishna. Mais par la miséricorde de Prabhupada, nous avons été engagé dans le service de dévotion et nous avons entamé le processus de purification – chanter les saints noms, écouter le Srimad Bhagavatam, s’associer avec les dévots, adorer les déités, et autant que possible, séjourner à Mathura, Vrindavan, Mayapur, ou tout autre temple de Gaura-Nitaï ou Radha-Krishna. »

Putana était asadhvi, pas digne de confiance. Et elle faisait semblant d’être quelqu’un qu’elle n’était pas. Elle était en fait  une démone, mais par ses pouvoirs mystiques, elle prétendait être une femme merveilleuse. Quand elle est entrée dans le village de Gokula, elle est apparue si belle et effulgente que les gens pensaient que  laksmi, la déesse de la fortune était venue en personne. Donc quand elle est entrée dans la maison de Nanda Maharaja et Yasodamayi, personne ne l’a empêché. Elle était si belle et effulgente qu’ils pensaient qu’elle devait être un être supérieur. En fait, elle était une démone et elle venait pour tuer Krishna.

Bien sûr, il n’est pas totalement faux de se présenter soi même sous un jour que nous ne sommes pas. Quelquefois pour des raisons sociales c’est nécessaire, mais intérieurement on doit rester fidèle. Le problème est que souvent intérieurement nous devenons infidèle (asadhvi). Nous voulons nous soumettre – nous décidons de nous soumettre, mais ensuite nous retirons notre soumission. Et cela arrive tout le temps. Nous nous soumettons – nous décidons de nous soumettre, et ensuite nous retirons notre abandon. Nous ne sommes pas sûr si nous devons nous soumettre. Nous ne sommes pas sûr si ce processus fonctionne, et si nous aurons un résultat. Nous ne sommes pas sûr si nous réussirons dans notre tentative. Nous ne sommes pas sûr si Krishna prendra soin de nous. Nous ne sommes pas sûr si nos désirs seront comblés.

En fin de compte, on arrive à sraddha, la foi, sur lequel tout progrès repose.

« sradddha-sabde-visvasa kahe sudrdha niscaya

krsna bhakti kaile sarva-karma krta haya

« sraddha c’est la confiance, la foi ferme qu’en rendant un service d’amour transcendantal à Krishna on accomplit automatiquement toutes les autres activités subsidiaires. Une telle foi est favorable à l’accomplissement du service de dévotion.  » (CC Madhya 22.62)

Même durant la présence de Srila Prabhupada, les dévots ne l’ont pas toujours compris. La plupart des gens qui ont rejoint Srila Prabhupada étaient jeune, dans leur vingtaine, et il restait des années avant que l’un d’entre eux quitte son corps. Le premier dont je me souvienne était Jaya Gopala dasa, qui a perdu la vie dans un accident de voiture. Sa jeune épouse était dévastée, et Srila Prabhupada lui a assuré que Jaya Gopala était revenu à Krishna et qu’elle le rejoindrait. Un frère en dieu a commenté que Srila Prabhupada lui a dit cela juste pour l’encourager.

Ensuite je suis tombé sur un livre appelé « Sa Divine Grâce », par Danavir Goswami. En le passant en revue, j’ai vu une photo de Jaya Gopala, avec cette légende: « Srila Prabhupada a dit que Jaya Gopala n’était pas prêt à revenir au royaume de Dieu, mais que Krishna a fait une exception et l’a ramené de toute manière. » C’est la miséricorde sans cause, la miséricorde de Prabhupada. Krishna n’a aucun intérêt dans ce monde matériel. Il est intéressé seulement par les dévots. Et c’est seulement à cause de la miséricorde d’un dévot que Krishna a pris de l’intérêt pour quelqu’un qui n’était pas vraiment un dévot. Pourquoi autrement Krishna ferait une exception pour nous – autre que par la miséricorde de Prabhupada? Autrement, qui est Jaya Gopala das – ou aucun d’entre nous – pour Krishna? C’est grâce à la connexion avec Srila Prabhupada que nous avons un quelconque intérêt aux yeux de Krishna.

Bien sûr, Krishna est l’Ame Suprême. Il est dans le cœur de chaque entité vivante comme témoin et observateur. Et il aime les entités vivantes et les accompagne où qu’elles aillent. Mais Il est neutre. Il les laisse agir pour accomplir leur désirs. Il n’intervient pas. Cependant, quand un dévot intervient, Krishna montre alors un intérêt spécial. Celui qui a reçu la miséricorde d’un dévot reçoit la miséricorde de Krishna et cela est vrai pour chacun d’entre nous et ceux qui vous suivent maintenant. Sinon pourquoi serions nous engagés dans le service de dévotion? Nous sommes simplement des âmes conditionnées qui sommes venus dans ce monde matériel pour jouir en imitant Krishna. Pourquoi serions nous même dans le temple de Krishna? Nous sommes ici par la miséricorde de Srila Prabhupada, et ainsi nous faisons l’effort de purifier notre cœur, écouter le Srimad-Bhagavatam, chanter les saints noms, et devenir de vrai dévots.

Satsvarupa dasa Doswami m’a raconté une belle histoire – une réalisation ou pensée qu’il a eu. C’est lié à la miséricorde de Srila Prabhupada et amène à la conclusion kam va dayalum saranam vrajema: « Comment pourrais-je prendre refuge de quelqu’un de plus miséricordieux? » en d’autres mots, « Il est si miséricordieux; comment pourrais-je trouver quelqu’un de plus miséricordieux? Comment pourrais-je trouver refuge de quelqu’un d’autres? »

Quelquefois il arrive que les disciples de Srila Prabhupada rencontre des personnes saintes en dehors d’ISKCON. Une année, Satsvarupa Maharaja est allé à Jagannath Puri, pendant le mois de Purusottama, pour passer quelques temps avec un de ces sadhus. Mais, pendant qu’il était là bas, il se sentait mal à l’aise; il ne se sentait pas à la maison dans son association. Il sentait que Srila Prabhupada a créé ISKCON pour que ce soit sa maison et qu’il ne pourrait se sentir à la maison que dans ISKCON et nulle part ailleurs.

Alors il est allé un peu plus loin. Il a imaginé le temps où il devrait quitter son corps et se prénseter aux portes de Krishnaloka, les portiers lui demanderaient, « qui es tu? ». Il est devenu soudain effrayé, il prenait le pari de devenir le disciple siksa de ce sadhu plutôt que de rester un disciple exclusif de Srila Prabhupada. Il n’était pas sûr exactement de la nature de sa relation avec ce sadhu ni comment ce sadhu relationnait avec Krishna en sa faveur.

Alors il a imaginé un autre scénario. Dans celui ci, quand les portiers demandent « qui es tu?’ Il répondrait, « Je suis Satsvarupa dasa, un disciple de Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada. » Alors il a imaginé les portiers qui vont voir Srila Prabhupada pour lui demander, « Satsvarupa est à la porte – on fait quoi? » et il a imaginé que Srila Prabhupada dirait, « Satsvarupa? mon Satsvarupa? Amène le immédiatement. »

Pour moi, ceci dépeint une image frappante de Srila Prabhupada et Sa miséricorde, et cela sert de réponse à la question rhétorique, « Comment pourrais je prendre refuge de quelqu’un de plus miséricordieux que lui? » Pour nous, il n’y a personne de plus miséricordieux. Il n’y a pas besoin de prendre refuge de personne d’autres, et il n’y aura aucun bénéfice si nous prenons refuge de quelqu’un d’autre.

Il y a deux ans, j’ai eu la bonne fortune de rencontrer à nouveau Narayani dasi, la disciple de Srila Prabhupada. Je ne l’avais pas vu depuis des années, et lors d’un atelier de japa, je l’ai rencontré, et elle m’a raconté une histoire qu’elle a entendu. Srila Prabhupada donnait une conférence dans laquelle il disait que pour remonter au monde spirituel, à Dieu, on doit être cent pour cent pure, cent pour cent libre des désirs et attachement matériels. Quand Prabhupada a vu que les dévots étaient découragés, il a dit, « d’accord, 90% ». Cependant ils étaient toujours abattu. Alors il a dit, « d’accord, 80% ». Ils étaient toujours effondré. Alors il a dit, « d’accord, 75% mais pas moins. »

Après son discours, Srila Prabhupada a commenté, « si vous vous agrippez simplement à mes pieds, je vous ramènerais au royaume de Dieu. J’ai la clef de la porte de derrière. »

Une fois, j’ai entendu que Srila Prabhupada disait, « votre qualification est que je donne une instruction… » Je pensais que le reste de la phrase serait « et vous la suivez » mais la citation était  » votre qualification est que je donne une instruction et vous essayez de la suivre. » Même pas que vous la suiviez, juste vous essayez de la suivre.

(bien sûr nous devons essayer sincèrement et honnêtement, par tous les moyens, avec toute notre énergie et possibilité.)

Dans notre retraite de japa, nous avons mis l’accent sur le fait de chanter avec attention, sans offense. Nous encourageons les dévots à prononcer chaque syllabe distinctement et à entendre chaque syllabe distinctement. Chanter avec inattention est une offense. Et j’ai pensé à ma lettre d’initiation – Srila Prabhupada me l’avait envoyé à Boston de Los Angeles – dans laquelle il m’instruisait d’éviter les dix offenses. Et je pensais, « Oh mon Dieu, c’est pratiquement la première instruction que j’ai reçu de Srila Prabhupada – celle que j’ai eu quand j’ai été initié – et maintenant trente-six ans plus tard, je n’ai toujours pas été capable de la suivre, ce qui est une autre offense: de désobéir aux ordres du maitre spirituel. « Donc je pensais, « Je suis juste en train de me noyer dans les offenses. » Et alors j’ai pensé, « Je ferai mieux de relire cette lettre, d’essayer d’en tirer de la force et de l’inspiration. » Je l’ai relu, et il y avait une instruction: « Tu dois éviter les dix offenses autant que possible. » Srila Prabhupada était si miséricordieux – il savait que je ne pouvais pas les éviter complètement. Alors m’a sauvé de l’offense de désobéir à son ordre, en écrivant « autant que possible ».

Donc c’est notre qualification, selon Srila Prabhupada. Et c’est notre espoir. Si nous essayons sincèrement de suivre ses instructions de manière stricte – si nous nous agrippons à ses pieds pareils au lotus – il fera le reste. Il nous ramènera à la maison, au royaume de Dieu.

Hare Krishna.

Mérites et bienfaits du mois de Kartika

Cette année le mois de Kartika est observé du 16 octobre au 14 novembre. C’est le mois le plus important de notre calendrier parce qu’il est très cher à Sri Radha Madhava. Tout comme il n’y a pas de yuga supèrieur au Satya Yuga ni d’Ecritures comparables aux Védas, ni de lieu pèlerinage meilleur que le Gange, de même il n’y a pas de mois meilleur que celui de Kartika. Pendant le mois de Kartika, des millions de dévots adorent Damodar Krishna avec des lampes de ghee, et des bhajans dévotionnels, en glorifiant Ses divertissements d’enfance quand Il volait du yaourt. De manière traditionnelle, afin de satisfaire les Déités, les Gaudiyas Vaishnavas célèbrent ce mois en suivant certains voeux. Nous allons maintenant voir comment ces vœux peuvent aisément amener le trésor inestimable du pur amour de Sri Sri Radha Madhava!  Puissions nous accepter ce cadeau merveilleux qu’offre ce mois très miséricordieux de Kartika.

Offrir chaque jour une lampe de ghee à Radha Damodar (ou toutes formes de Radha Krishna ou même simplement à travers une photo) en chantant le damodarastakam est un des services principaux que chacun peut offrir pendant le mois de Kartika. On devrait aussi inspirer les autres autant que possible pour leur bénéfices spirituels, à offrir des lampes à Sri Sri Radha Damodar. Le Hari Bhakti Vilasa stipulent que le meilleur endroit pour accomplir le vœu de Kartika est Sri Vrindavan Dhama ou tout autre lieu saint comme Mayapur.

Extrait du Hari Bhakti Vilasa  de Sanatana Goswami:

« Par dessus tout, celui qui écoute le Visnu Katha, les gloires de Visnu,  pendant ce mois de Kartika,  que ce soit la moitié ou même le quart d’un verset, obtient le même résultat que celui d’avoir donné cent vaches. Bien Sur, O grand sage, tous les autres devoirs devraient être abandonnés en faveur de l’écoute attentive des Ecritures de la bouche des personnes saintes. Que ce soit pour un bénéfice spirituel ou pour tout autres raisons, s’engager dans le Hari Katha, les gloires de Sri Hari,  élève des centaines de générations de sa famille.

Pour chaque jour de Kartika passé à se réjouir des Écritures, une personne brûlera toutes les réactions de ses actes pécheurs et gagnera le fruit de 10 000 sacrifices. En fait,  Madhusudana n’est pas autant satisfait par les sacrifices ou par l’acte de donner en charité des vaches ou des éléphants qu’Il n’est satisfait par le discours sur les Écritures pendant le mois de Kartika.

O grands Sages, en écoutant le Hari Katha, les gloires de Hari, on peut transcender la misère accumulée depuis des millions de naissances. En essayant régulièrement de lire le Srimad Bhagavatam pendant ce mois on obtient le bénéfice d’avoir lu tous les 18 Puranas. (citation des versets 75 à 81) De plus, pendant Kartika un homme devrait cultiver la dévotion suprême en vivant parmi les Vaisnavas, même au prix d’abandonner les actes de piété ou d’autres devoirs prescrits.(verset 82) »

Extrait du Skanda Purana qui est un dialogue entre Brahma et le sage Narada:

Voici les bénéfices obtenus quand on offre une lampe de ghee selon différentes Écritures:

« Quand on offre une lampe pendant le mois de Kartika, les péchés accumulés pendant des milliers et des millions de vies s’éclipsent en un clin d’oeil. »

« S’il te plait, écoute les gloires d’offrir une lampe pendant le mois de Kartika afin de satisfaire le Seigneur Kesava:  O roi des brahmanas, une personne qui offre une lampe de cette manière ne prendra plus naissance dans ce monde. »

« En offrant une lampe pendant le mois de Kartika, on obtient un résultat dix millions de fois plus élevés, que les résultats obtenus en se baignant à Kuruksetra pendant une éclipse solaire ou en se baignant dans la rivière Narmada pendant une éclipse lunaire. »

« O tigre parmi les sages, pour une personne qui offre ainsi une lampe qui brûle avec du ghee ou de l’huile de sésame, quelle est l’utilité d’accomplir le sacrifice Asvasmedha? »

« Même s’il n’y a aucun mantra, aucune activité pieuse, aucune pureté, toute chose devient parfaite quand une personne offre une lampe pendant le mois de Kartika. »

« Une personne qui pendant le mois de Kartika offre une lampe au Seigneur Kesava, est considéré comme ayant déjà accompli tous les yajnas ou sacrifices, et bains dans toutes les rivières sacrées. »

« Une personne qui offre une lampe à Krishna pendant le mois de Kartika rejoint le monde spirituel éternel où il n’y a plus de souffrance. »

« O roi des brahmanas, quand quelqu’un Lui offre une lampe le jour de la pleine lune du mois de Kartika, le Seigneur Krishna, trouvant qu’il n’a pas assez d’argent pour payer ce don là,  Se donne Lui-même en échange de cette lampe. »

« Tous les résultats acquis en donnant des céréales pendant le pitru-paksha (la cérémonie d’offrande aux ancêtres qui a lieu chaque année pendant 16 jours) ou en distribuant de l’eau pendant les mois chauds de Jyestha ou Ashada (Juillet-Aout) sont facilement obtenus pendant le mois de Kartika par le fait de rallumer la lampe éteinte d’une autre personne. »

« Les anciens disent: quand quelqu’un dans la famille satisfait le Seigneur Kesava en Lui offrant une lampe de ghee pendant le mois de Kartika, alors par la miséricorde du Seigneur qui tient le Sudarsana chakra dans Sa main, tous atteignent la libération. »

O Narada,  aucun péché n’existent nulle part dans les trois mondes qui ne puissent être purifiés par l’offrande d’une lampe au Seigneur Kesava pendant le mois de Kartika. »

Kartika Vrata. Vrata signifie voeu en sanskrit. Kartika Vrata sont les voeux que l’on s’engage à accomplir pendant le mois de Kartika.

Kartika est le mois le plus glorieux et le meilleur, le plus pur du pur. Il est particulièrement cher au Seigneur Krishna parce que c’est le mois de Srimati Radharani. Ce mois est remplis de l’amour du Seigneur envers Ses dévots. Quels que soient les voeux suivis durant ce mois, même très modeste, ils amènent des résultats extraordinaire. L’essence de Kartika Vrata est de satisfaire Sri Radha Damodara en augmentant notre service pour Eux en qualité et en quantité.

Kirttika est le prénom de la troisième fille de Prajapati Daksa. La coutume à Vraja (ou Vrindavan) était de donner comme prénoms aux filles ceux donnés aux filles de Prajapati Daksa. Ainsi la mère de Radharani fut appelé Kirttika (ou Kirtida) et Radharani est devenu connue comme Karttiki qui signifie « née de Kirttika ». Sri Sanatana Goswami nous a donné les clés pour comprendre la signification de ce mois sacré de Kartika. Krishna dit: « masanam marga-sirso ‘ham« : « de tous les mois, je suis Margasirsa, le mois de novembre et décembre. » Kartika précède Margasirsa par conséquent Kartika représente Srimati Radharani.

Les Gaudyas Vaisnavas suivent Kartika Vrata spécialement pour satisfaire Srimati Radharani en L’adorant pendant ce mois. Srimati Radhika est très connue pour Sa compassion. Par conséquent nous suivons les règles et prescriptions de Kartika Vrata qui sont appelés nyama-seva pour que Srimati Radharani déverse sur nous Sa divine compassion. Laissons Sri Radhika et Ses sakhis, ses servantes, déverser sur nous le service de dévotion éternel aux couples divins, dans les buissons de Vrindavana. Pour les Gaudyas Vaishnavas, Kartika Vrata est plus important qu’aucun autre voeu fait pendant l’année. La plupart des autres vœux (comme celui de jeûner) fait pour le plaisir de Syamasundara et de Ses expansions durent la moitié d’un jour ou un jour entier comme pour Janmasthami (jour d’apparition de Sri Krishna), Rama-navami, Nrsimha-caturdasi, Vamana dvadasi, mais pour le plaisir de Sri Radha, les voeux de Kartika durent un mois.

Bien sûr pendant ce mois, les Vaisnavas chantent les gloires du Seigneur Damodar, le Seigneur de Gokula. Ils le glorifient de tout leur coeur et avec dévotion adorent le Seigneur Krishna dans sa forme de jeune garçon merveilleux et espiègle. Mais les Vaisnavas pendant ce mois se focalisent particulièrement sur l’adoration de notre très vénérée Aradya Devi ou Srimati Radharani et accomplissent un service spécial pour Son plaisir.

Kartika est le mois d’un voeu spécial: Kartika Vrata (appelé aussi damodar-vrata, Urjja-vrata et niyama-seva-vrata). Un des noms de ce voeu est Urjja-vrata. Urjjesvari est un des noms de Srimati Radharani qui signifie « la maîtresse de urjja-vrata« . Le mot urjja signifie « puissance », « opulence ». Toutes les opulences et puissances sont manifestées en Elle, afin de servir Sri Krishna. Elle règne sur toutes les opulences et les puissances qui sont nécessaires pour servir le maître de son cœur. Ainsi suivre le voeu de Urjja-vrata, pendant le mois de Kartika s’adresse à Urjjesvari ou Sri Radhika et par conséquent les Vaisnavas attachent une grande importance à Kartika en essayant spécialement de satisfaire Srimati Radharani pour atteindre Son service et ainsi servir Son bien-aimé Sri Krishna.

De plus c’est durant ce mois que les gopis adorent Katyayani, avec l’intention profonde de satisfaire Srimati Radharani. Nanda-gopa-sutam devi patim me kuru te namah. Ainsi étaient leur prières internes à Katyayani (Srimad Bhagavatam 10-22-4): « O déèsse Katyayani! O  grandes puissances du Seigneur! O possesseurs de tous les pouvoirs mystiques et contrôleur suprême de tout! S’il te plaît, laisse nous servir le fils de Nanda Maharaja, de la manière dont notre cœur désire. Nous t’offrons nos hommages. »  Avec ces prières elles accomplissent le voeu de Kartika Vrata. (Katyayani est une des manifestations de Yoga Maya à Sri Vrindavan Dhama. Le voeu de Katyayani continue le mois suivant celui de Kartika).

Par conséquent nous attachons une importance particulière à observer cette dernière partie de Caturmasya qui est le Kartika Vrata (catur signifie « quatre » en sanskrit et masya : « mois ». Caturmasya est une période de 4 mois à partir de Juillet durant laquelle les spiritualistes décident de suivre certaines austérités comme jeûner de certains aliments en vue d’intensifier leur pratique spirituelle). Ce mois est exclusivement concentré à servir les amoureuses de Krishna (c’est à dire Srimati Radharani et Ses amies) et Krishna. Le Srimad Bhagavatam nous inspire aussi pour nous imprégner de la mentalité des gopis qui adorent Katyayani. Avec de tels sentiments internes, nous observons ce dernier mois de Caturmasya avec encore plus d’attention.

Kartika est aussi connu comme le mois de niyama-seva. Niyama signifie « règle » – prières additionnelles, puja, lectures, prédication ou tout service supplémentaire au Seigneur Hari, au maître spirituel et aux Vaisnavas. Ainsi ce vœu de niyama-seva inspire le sadhaka ou pratiquant spirituel à dédier ce temps dans un service spécial qui utilise chaque minute au mieux. Telle devrait être notre aspiration, spécialement dans ce mois et Krishna apprécie beaucoup cela. Si nous faisons cela pour satisfaire Radharani, Krishna sera encore plus satisfait, parce que cela fait plaisir à Sa dévote la plus exaltée. Et Sa satisfaction attire Krishna sur nous. Quand Radha est satisfaite avec nous, Elle nous purifie avec compassion, et nous rend éligible pour atteindre notre service éternel dans les bosquets de Vrindavan dans l’humeur de Ses amis. Satyavrata Muni, le sage, a dit: « namo radhikayai tvadyia pryayai » : « je rends mes hommages à ma très chère bien aimée, Sri Radhika. » De cette manière il met l’accent sur le fait que le seul engagement pendant damodara-vrata, devrait être l’adoration de Sri Radha Damodara.

Urjja-vrata est une des 64 méthodes de service de dévotion accomplis par les Gaudiyas Vaisnavas. Le Caturmasya-vrata est considéré complet seulement si le dernier mois de Urjja-vrata est observé. Les cinq derniers jours de Kartika sont appelés Bhishma-Pancaka. Et les Vaisnavas suivent aussi des vœux spéciaux pendant ces jours-là.

Suivre Kartika Vrata est l’un des engagements les plus importants pour les Vaisnavas.

Voici quelques prescriptions données par le Hari bhakti Vilasa et le Skanda Purana:

 Se lever  à l’heure du Brahma Muhurta (période de bon augure avant le levée du Soleil) et aller au Mangala Arati (mangala en sanskrit signifie « de bon augure », l’arati étant une cérémonie où l’on offre aux déités de l’encens, une lampe de ghee, une fleur etc).

Offrir de l’encens, une lampe de ghee, des fleurs (malati, lotus, rose, jasmin, lilas) et une lampe de camphre trois fois par jour.

Offrir une lampe de ghee chaque jour à Radha Damodar (ou toutes déités de Radha Krishna, ou simplement offrir à travers une photo) et chanter le damodarastakam.

Garder une lampe de ghee ou d’huile de sésame devant les déités avec aux pieds une Tulasi permet d’atteindre le monde spirituel. En offrant simplement une lampe de ghee à Krishna on atteint la perfection et on retourne au monde spirituel.

Offrir du riz sucré mélangé avec du ghee, des aliments savoureux, et une variété de fruits.

Faire le tour d’un temple quatre fois par jour en faisant des prières amène le mérite d’un sacrifice de cheval (ashvameda yajna) à chaque pas.

Offrir de l’eau et du prasada aux ancêtres.

Offrir une lampe de camphre avec de l’huile d’aguru particulièrement les jours d’Ekadasi garantit de ne pas renaître.

Offrir une guirlande de fleurs fraîches (rose ou lotus) et de la pulpe de santal.

Offrir des nouveaux habits à la déités.

Offrir un lakh (260 000) feuilles de Tulasi à Krishna.

Chaque jour offrir, de l’encens, une lampe de ghee et des fleurs à Tulasi et tourner autour d’elle.

Rallumer la lampe de quelqu’un fait atteindre des mérites illimités et le fait de ne jamais voir Yamaraja (le Dévas de la Mort).

Offrir de l’eau à la lune.

Offrir une lampe flottante.

Danser de manière enthousiaste, chanter et jouer des instruments, et réciter des prières devant les Déités donne d’atteindre le monde spirituel avec ses ancêtres.

Traduit de l’article en anglais: http://www.dandavats.com/?p=1792